A propos

Laurent Dumoulin, Lee Jae Dong est né en 1982 à Jeonju en Corée du sud, adopté à 4 mois par une famille française, il passe toute sa vie en France. En 2009, il retrouve sa famille d’origine et voyage régulièrement en Corée.

Passionné par le dessin depuis son plus jeune âge il étudie l’art et le graphisme lors de ses études à Montpellier en 1999. Il s’essaye à plusieurs médiums avant de trouver sa voie.

Aquarelles, acryliques et bombes aérosols sont ses moyens d’expression favoris.

Le street art marquât son travail, même s’il aime aussi les techniques plus traditionnelles. Il essaie d’allier plusieurs techniques afin de créer des œuvres personnelles originales.

En 2012, il crée Kréadéco, une entreprise de décoration spécialisée dans le street art et la fresque murale. Il réalise des fresques murales pour des particuliers, entreprises, communes, associations …

Il anime également des ateliers graffiti et intervient dans les écoles et centres de loisirs.

Il participe à des animations liées au street art dans le cadre de jam graffiti, où il peut s’exprimer librement. Il travaille également sur plusieurs projets personnels tout en développant son entreprise.

Ses réalisations portent principalement sur le street art qu’il décline pour le design d’intérieur, le graphisme, la bande dessinée … Alliant différentes techniques, et toujours à la quête de nouveaux supports.

Son travail porte également sur son prénom d’origine qui est devenu au fil du temps sa signature. Mise en valeur au centre de ses œuvres dans le cadre d’œuvres plus personnelles, dédiées aux graffitis, où le nom est central. La Corée et sa personnalité multiculturelle sont donc très présentes dans ses peintures personnelles.

Les personnages et les paysages sont aussi très présents dans ses réalisations, dans des styles cartoons ou réalistes.

 

Origine de son nom

 

À l’époque, il signait «Sane», et c’est en 2013, qu’il décide, définitivement, d’utiliser son prénom d’origine «Jaedong».

Jaedong a remarqué lors de ses voyages, que les graffeurs coréens prennent des blases (nom en argot) anglophones et utilisent peu l’Hangul (alphabet coréen), en Europe également, mais cela paraît plus «normal», étant un pays latin. Le graffiti est un mouvement qui s’est répandu à travers le monde, donc il n’est pas rare de trouver un homonyme, là où le graffeur veut être unique, c’est une règle. Dans le graffiti le nom est plus qu’un nom, c’est une marque ! D’ailleurs c’est le sujet principal de l’oeuvre.

Le graffiti est un art brut où le but est d’apposer son nom plus que les autres et être visible, à l’image d’une publicité que l’on placarde partout. Ce qu’ils vendent n’est pas un produit mais leur nom d’artiste. L’ego est omniprésent dans ce milieu. Au début, pour contester et se moquer de cette société de surconsommation, certains graffeurs sont finalement devenus le produit d’eux-mêmes à l’ego surdimensionné.

Sane était son surnom depuis longtemps, il était difficile de le quitter, et à la fois l’égoïsme de ce mouvement l’écœurait autant que les publicités qu’il dénonçait.

Sane étant un nom déjà repris plusieurs fois, il se devait de chercher une nouvelle identité, après plusieurs recherches, finalement, son nom sonna comme une évidence et il décida de signer son prénom d’origine en Hangul. Ce qui lui plaît également est que seules les personnes qui connaissent le coréen peuvent lire ce qu’il écrit, cela préserve un certain anonymat. Son art s’affirma pour devenir quelque chose de plus personnel.

Ainsi, le retour aux sources marqua sa vie, tout comme son histoire artistique.

 

Le support

 

Le support est tout aussi important que l’oeuvre, à l’image d’une toile, le support permet à l’oeuvre d’exister, et son importance est encore plus signifiante dans le graffiti.

Le mobilier urbain est riche et diversifié en matière de supports : murs de différentes matières, rideaux de fer, panneaux divers, portes en bois, vitres de fenêtres, camions, trains, mais aussi tout ce que les gens jettent dans la rue…

La texture du support donne également à l’oeuvre une tout autre dimension comme le vieillissement de la matière, l’érosion, la moisissure… des couleurs naturelles uniques ressortent de ces supports originaux.

Trouver un bon support est comme un cadeau qui émerveille l’artiste, un mur incendié ou une porte rouillée est alors perçu différemment.

 

Le lieu

 

Le lieu est un critère important dans sa démarche artistique. Il faut que le nom soit mis en valeur dans l’environnement urbain et penser l’oeuvre dans un ensemble environnemental bien avant la conception.

Et que de ce lieu il s’en dégage une émotion, une atmosphère, un concept, ou parfois un simple clin d’oeil aux clichés touristiques.

La photographie fait partie du jeu pour garder une trace de cet art éphémère.

Jaedong est donc à la recherche constante de nouveaux lieux à explorer, qui lui fournissent de nouveaux supports et nourrissent son inspiration. L’artiste est donc plongé dans un univers en mouvement qui évolue au gré de l’environnement, des Hommes, du temps et de la vie, toujours à la quête de renouveau.

Il explore ainsi beaucoup de lieux abandonnés, comme le font ceux qui pratiquent l’urbex.

 

Les styles de lettres

 

On distingue plusieurs styles de graffiti : le tag brut avec un cap (embouchure de bombe) fin, biseauté ou gros (fat cap), le style «throw-up» qui utilise des lettres plus rondes, le style «wild style» qui utilise des lettres aux empattements élaborés auquel s’ajoute des flèches ou fioritures.

Jaedong veut garder un style simple et explicite, tout le monde doit pouvoir lire. Son travail porte alors sur la recherche de lumière, de dynamisme ou de mouvement.

Dans ses «throw up», il personnifie le dernier caractère tel un personnage de cartoon tantôt lui faisant dire quelque chose, mais également cherchant une situation drôle ou revendicative.

Dans ses tags, il cherche le dynamisme, la texture du support, la valorisation du tag dans l’environnement urbain ou une situation intéressante.

 

Le dessin

 

Le dessin est primordial dans l’approche du graffiti bien avant le support mural et la technique de la bombe.

Il faut sans cesse rechercher de nouvelles compositions de lettres, de nouveaux mouvements, afin qu’elles forment un ensemble esthétique.

Le travail des lettres doit être soigné et répond à des règles strictes de typographie. Le graffiti est la façon d’allier le dessin et les lettres.